DE
09.07.2013
Extraits de Presse - Le collectionneur de mensonges

Battement de cœur du théâtre

 

Il fut toujours un collectionneur de mensonges. Marcel Cremer, directeur artistique de l'Agora, le théâtre de la communauté germanophone de Belgique, un des metteurs en scène les plus formidables d'Europe, est décédé en décembre 2009 à Cologne. Les mensonges que notre époque se raconte, il les a soigneusement collectionnés pour ensuite nous les resservir sur scène.

 

Après sa mort, la question se posait inévitablement de savoir si l'Agora allait réussir à maintenir le même niveau dans ses productions. Avec la première représentation du « collectionneur de mensonges » à Cologne à la Studiobühne, la réponse est à présent connue. Une fois de plus, leur esthétique s'avère inhabituelle et parfaitement surprenante. Une fois de plus, l'histoire nous touche au plus profond. Et une fois de plus, par la scénographie qu'on nous propose, les rêves poétiques de cette troupe s'enrichissent d'une menue sensation.

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Weiland trouve pour chaque personnage des images et une gestuelle d'une telle précision que nous les reconnaissons immédiatement comme sorties tout droit de nos vies. On rit beaucoup dans cette mise en scène qui, sous les masques et derrière les rideaux, révèle une noirceur et un cynisme parfois étincelants. Une mise en scène pour spectateurs à partir de 13 ans qui nous fait entendre les battements de cœur d'un théâtre où les images se gravent dans notre mémoire.

Kölnische Rundschau du 20.06.2013 (par Thomas Linden)

 

On voudrait tous que la vie se déroule comme un beau tapis de fleurs. Mais sa cruauté, même tapie, nous rattrape toujours furtivement. C'est ce que nous raconte cet homme, témoin et acteur d'une histoire de village qui a rompu l'harmonie apparente du lieu et de ses habitants. Il se met dans la peau du facteur, sacoche en bandoulière, qui reçut un jour une lettre dérangeante. Alors, comme le Père Noël, lui aussi va collectionner les mensonges qu'il enfonce dans ses bocaux à la place de produits qu'il jardinait jadis et déposait chez les villageois.
Sur un plateau recouvert de gazon, Matthias Weiland les incarne tous : il se glisse habilement derrière les masques de carnaval suspendus. Derrière lui, de larges pans de rideaux et de stores distilleront leurs surprises. Des habitants ont subi agression, mépris, rejet... Et le village en paiera les conséquences. Dans cette histoire intrigante, mystérieuse, sombre et drôle à la fois, écrite et mise en scène par Kurt Pothen, quête de vérité et non-dits dangereux tissent la trame. Encore fragile à Huy car interprétée pour la toute première fois en langue française, parions qu'elle gagnera en force car ce Collectionneur a de quoi interpeler les jeunes.

Le Ligueur, 25 Septembre 2013 (S.C.)