DE
07.09.2011
Extraits de presse

Au début de la représentation, durant une bonne douzaine de minutes, il capte l'attention sans prononcer une phrase, simplement en enfilant des actions, en affichant des mimiques...Dès que ses pieds remuent, sous la bâche qui les recouvre lui et sa carriole, il se passe quelque chose. Et au moment où il se mettra à raconter, le charme aura déjà opéré.
Dernières Nouvelles d'Alsace, 19.05.2015
 

TTT - On aime passionnément

Un homme dort sous une bâche. Il se lève, imite le cri du coq, fait les gestes répétés du quotidien, tout en regardant, muet, le public d'un air revêche. Puis, il interpelle un enfant. Le dialogue s'instaure, le regard change, il commence à raconter sa vie d'avant, sa vie tranquille d'homme heureux : lui, Cornélius, sa ferme, son tracteur et ses animaux, ses petits bonheurs, sa femme, ses enfants et le malheur qui sournoisement s'installe... Seul en scène, Roland Schumacher, tout autant conteur que personnage, fait naître de son récit des images fortes, des mots simples, une voix posée et des objets qu'il manipule, sortis des multiples valises qui composent sa maison-carriole. Il est ce vagabond qui porte son histoire et la livre à qui veut bien l'entendre. L'intensité de ce spectacle, créé par l'Agora Theater, réside dans cette intention de partage, de rencontre.
Télérama, Sortir Paris, Françoise Sabatier-Morel, 23.05.2015

 

J'ai, donc je suis ?
La conscience un peu à l'étroit ? Allez donc voir ces trois-là !
Pourquoi consommer bêtement au lieu de prendre soin de soi, des autres et de notre planète ? C'est ce que nous disent en substance trois compagnies, chacune à sa façon.
Sous une bâche, il dormait. C'est le matin et le voilà qui en sort, dévoilant une vieille poussette rafistolée et pleine de brol. Cornelius est clochard. La poussette et son contenu sont tout ce qui lui reste. Lui qui a pourtant possédé une ferme, un sèche-linge, une télévision et tout ce que la banque peut permettre d'acquérir. Puis petit à petit, sa femme est partie et il a tout perdu. À présent, il raconte le récit de sa vie au gré des chemins. De sa voix rauque et de son regard d'enfant, Roland Schumacher campe un Cornelius attachant et cocasse. À la mise en scène de ce "Bagatelle" par l'Agora (pour les 6-12 ans), Kurt Pothen a privilégié la lumière du jour, la simplicité et la proximité. Le clochard vient se raser tout près du public, emprunte des prénoms dans l'assistance pour raconter son histoire, discute volontiers avec les spectateurs, sans tomber dans la facilité d'interactions inutiles. Une façon sincère et profonde de nous dire que la vie peut être plus trépidante, coûteuse et usante qu'il n'y paraît et que cette histoire pourrait si vite nous arriver.

La Libre Belgique Sarah Colasse 25.08.2011

 

Un conte à domicile

Seul en scène avec sa carriole, Cornelius le nomade raconte. Il dit une vie avec ses naufrages, ses espoirs. Il montre le bonheur et le malheur. Il est un humain dans son existence ordinaire.
Roland Schumacher conte. Mais, contrairement au conteur traditionnel, il incarne le personnage dont il parle car il est avant tout comédien [...]. Au début de la représentation, durant une bonne douzaine de minutes, il capte l'attention sans prononcer une phrase, simplement en enfilant des actions, en affichant des mimiques [...].
Dès que ses pieds remuent, sous la bâche qui recouvre lui et sa carriole, il se passe quelque chose. Et au moment où il se mettra à raconter, le charme aura déjà opéré. Il sera complété par l'utilisation des possibilités offertes par le drôle d'engin qui sert à son héros de domicile ambulant. Cet assemblage d'éléments sur quatre roues recèle en effet bien des surprises[...]. Pas de moralisme dans ce fait divers en apparence banal. Mais de quoi alimenter la discussion menée ensuite par le comédiens avec les écoliers présents. Car le théâtre donne une image de la vie et il est bon d'y réfléchir après avoir entendu mots et musique, après avoir ri ou été ému à cause de ce qui se passait sur scène.

www.rueduthéâtre.eu, Michel Voiturier, Envoyé spécial à Huy, 01.09.2011

 

Étonnamment, c'est dans le dépouillement absolu de Bagatelle (6 à 12 ans) que l'on trouve un parfait contrepoint à notre sujet puisque, à la frénésie technologique de Roman-Photo pour dénoncer la philosophie du « toujours plus » répond le minimalisme de l'Agora Théâtre pour s'interroger sur ce qui fait vraiment notre bonheur. Ici, pas de régie, ni de décor, ni de lumières : Roland Schumacher débarque en clochard bourru dont un bric-à-brac sur roulettes va dérouler l'histoire d'un fermier qui a tout eu et tout perdu. De chacun de ses petits gestes naît un élément de l'histoire : il se rase et son miroir devient l'étang d'une ferme. Il allume sa cigarette et c'est toute l'exploitation qui partira en fumée. L'interaction avec le public, sollicité pour suggérer des idées, est encore tâtonnante, mais la sobriété du dispositif dégage au final une telle élégance qu'on redécouvre les vertus de l'austérité, de l'économie de moyens, dont l'économie devra bien s'inspirer.

Le Soir Catherine Makereel 23.08. 2011